Mais n’te promène donc pas toute nue

 

 

mardi 13 juin 2006

 

· Lieu Théâtre de Nesle

· Mise en scène - Michel Rosenmann

· Auteur Georges Feydeau

 

 

 

 

Pour faire taire les rabat-joie, Feydeau pose les jalons d’un féminisme sans chemise et sans pantalon.

Elle n’a pas froid, ni aux yeux et encore moins aux fesses. Et ceux qui y voient quelque chose de peu convenable n’ont qu’à ranger leurs convenances au vestiaire à côté de leur canne en frêne et de leur chapeau haut-de-forme ! Elle a beau partagé sa vie avec un député qui briguerait - qui sait, un jour, peut-être et pourquoi pas si c’est possible... - un portefeuille ministériel, Clarisse est une femme mariée libérée de tous les tabous. Elle a chaud ? Elle se promène en déshabillé transparent. Elle se fait piquer par une guêpe ? Elle demande au premier venu, question de vie ou de mort bien sûr, de retirer le dard planté dans son arrière-train. Elle veut se renseigner sur une étoffe ? Elle met ses mains où il faut et, surtout, où il ne faut pas. Libre ! Entièrement libre malgré les préjugés, les conventions et les sermons plus ou moins vaseux de son entourage. Libre et jeune...
Michel Rosenmann a eu la lumineuse idée de confier ce rôle qui nécessite audace et fraîcheur à Hélène Bliss , une comédienne encore élève au Conservatoire du sixième arrondissement. Au milieu d’une foule de personnages grotesques qui ne peuvent contenir leur jalousie ou leur lubricité, elle se promène, aguiche, l’un puis l’autre, et fait briller le désir dans ce qu’il a de plus sain. Le tour est finement joué et les tartufferies définitivement déjouées. La pièce peut être courte, la mise en scène prouve, quand elle est bonne, que Feydeau a toujours beaucoup de choses à dire.

 

Georges Ghika (Téva.M6.fr)